Majestueusement placée au-dessus de la grande silhouette à cinq têtes de Shesha, le roi de tous les serpents et le dévot primitif de Vishnu, cette image en bronze de Hayagreeva est celle d'un demi-homme, un demi-cheval, avatar du grand dieu de la préservation de l'Hindou. Hayagreeva est le dieu éternel de la connaissance et de la sagesse, assis dans l'héroïsme démon tuant la posture «virasana», avec la Shakti de Vishnu, son épouse Lakshmi assise gracieusement sur ses genoux. Le Hayagreeva Upanishad détaille plusieurs légendes associées à cette forme bienveillante de Vishnu, décrivant son corps dans une couleur blanche brillante (symbolisant la pureté de la connaissance, de la pensée et de l'action). Sa main avant droite, levée dans le geste de «Abhaya Mudra» de dissiper la peur, signale la victoire de la réalisation de soi et de la connaissance sur les vices des ténèbres qui éloignent les dévots du chemin du dharma. Les deux mains de Hayagreeva à l'arrière portent les attributs habituels de Vishnu - le «sudarshana chakra» ou discus de guerre, et le «shankha» ou conque. L’autre main de Hayagreeva est enroulée autour de la silhouette de Lakshmi, la déesse de la prospérité et de l’abondance, alors qu’elle s'agrippe à un lotus et laisse son autre main suspendue. Le lotus fournit l'allégorie de la beauté, de la fertilité, de la spiritualité et de l'éternité, et entre les mains de la Shakti, son union avec notre seigneur scelle ici le sort céleste du cosmos, le dôme triomphant des forces du mal. La majesté de Hayagreeva est également décrite dans le Mahabharata, où il est dit que Vishnu sous sa forme est arrivé à la scène de la bataille sur un char tiré par un millier de chevaux, exerçant la puissance de Shiva, Brahma, Marichi, Agni, Satya et d'autres divinités. Avec une telle puissance, il n'est pas surprenant que sa silhouette soit assise sur Shesha, cet être tout-puissant qui enroule le lit fait littéralement passer le temps d'avant en arrière, daignant la création et la ruine.