Il s’agit de la plus grande série de douze tableaux de Monet sur la station de train Saint-Lazare à Paris, un sujet de prédilection de nombreux peintres impressionnistes. En complétant la série, Monet a déménagé de la ville d'Argenteuil dans un appartement près de la station à Paris. Il travaillait sur toutes les peintures en même temps, et parfois il plaçait les toiles tendues l'une contre l'autre alors que la peinture était encore mouillée. Les entretoises en liège à l'arrière des brancards ont donc été pressées dans les peintures adjacentes, créant des indentations circulaires dans la surface qui sont visibles le long du bord supérieur de cette œuvre. L'épaisse accumulation de pigments de Monet ici est un exemple virtuose de son approche de la peinture à cette époque, quand il juxtaposait de multiples teintes dans des monticules d'empâtement qui se fondaient dans un ensemble cohérent seulement vu de loin. Cette technique aurait conduit Cézanne à dire: «Monet n'est qu'un œil, mais mon dieu quel œil!»